Les élus territoriaux solidaires avec les éleveurs sur le dossier loup !

USAPR
Mairie
Chef lieu
73130 Saint Colomban des Villards

Président : Pierre-Yves BONNIVARD
Maire de Saint Colomban des Villards (73)

usaprfrance@gmail.com
Coordination Cathy Davoine
06.15.81.84.30

Discours du Président de l’Union pour la Sauvegarde des Activités Pastorales et Rurales, Lyon, le 9 octobre 2017

Je veux remercier les organisateurs FNO, FNSEA, JA et tous ceux qui ont relayé cet appel.
Merci de donner l’occasion de m’adresser à vos adhérents et à tous ceux qui vous ont rejoints dans cette manifestation.

Ce déferlement est à la mesure du désarroi de la profession agricole et des conséquences de la présence des loups sur nos espaces ruraux et montagnards.

Je souhaite aussi m’adresser au Ministre de la transition écologique et solidaire, et au Ministre de l’agriculture et de l’alimentation, qui ne prennent pas la mesure de ce désespoir.

Le constat des acteurs de terrain est sévère.
L’équilibre des territoires est rompu.
C’est un pan essentiel de la France qui s’écroule.
Pour nous maires, le pastoralisme et l’élevage ne sont pas des options négociables.
Nous avons le devoir de contribuer à leur maintien.
Ils sont une composante essentielle de l’aménagement de nos communes.
Le pastoralisme et l’élevage, ce sont des produits de qualité, ce sont des milieux ouverts, visités et appréciés.
Le pastoralisme et l’élevage, c’est l’écologie responsable.

Qui remplacera les troupeaux ?
Qui remplacera les bergers ?
Qui remplacera les éleveurs ?
Qui remplacera les professions agricoles ?

Des machines motorisées, au nom d’un concept de naturalité retrouvée ?

Nous avions espéré que ce nouveau plan loup ferait un vrai bilan lucide de la situation sur le terrain, en phase avec la réalité de l’automne 2017.

Quel est le constat aujourd’hui ?

Si les mesures de protection pouvaient correspondre à un loup sporadique, elles se sont dévaluées dans le temps face à des meutes installées.
Les mesures de protection ne sont plus en mesure de répondre à des attaques toujours plus nombreuses et toujours plus violentes, des attaques de plus en plus près des habitations.

Ce ne sont plus seulement les ovins qui sont concernés. Mais des caprins, des équins et des bovins sont aujourd’hui victimes.

La notion de quota n’est plus adaptée, elle ne répond plus à la nécessité de défendre les troupeaux.

Dans nos communes les conflits d’usage explosent.

Le multi usage des espaces ruraux est menacé.

C’est un modèle économique qui se meurt.

C’est une partie de la France qui est abandonnée.

Combien de Français sont réellement prêts à l’accepter ?

Combien de victimes, combien de disparition d’exploitations agricoles, combien de projets d’installation annulés, combien de professionnels démotivés, combien de crises sociales, combien de territoires laissés à l’abandon, et pourtant convoités par les citadins, avant qu’une réaction s’ensuive ?

Ce n’est pas le loup, espèce protégée, qui est en voie de disparition, ce sont des métiers, des professions, des produits, fleurons reconnus à l’international.

Quelles sont les perspectives ouvertes par les réunions préparatoires au plan 2018-2023 ?

Elles ne sont pas supportables et pas tolérables en l’état.

Aujourd’hui c’est un plan pastoral et un plan agricole qu’il est primordial de définir dans l’intérêt général du pays.

La protection des troupeaux contre la prédation doit en être l’objectif premier.

La possibilité de maintenir l’élevage extensif, la possibilité de garantir la pratique des métiers d’éleveur et de berger dans des conditions de vie et de travail acceptables sont essentielles.

Qui accepterait de voir son outil de travail agressé et décimé quotidiennement ?
Qui accepterait de laisser toutes les nuits ses enfants pour aller défendre cet outil de travail contre les loups ?
Qui accepterait de devoir sacrifier sa vie sociale et familiale au nom de la stricte protection d’un super prédateur ?
Qui accepterait, étant victime, d’être désigné comme coupable ?
Et comment nous, Maires, pouvons-nous accepter la crise humaine que ces situations entraînent ?
Comment pouvons-nous accepter que des zones entières de nos territoires soient délaissées ?
Que pouvons-nous répondre face aux contraintes que la prédation des loups impose à tous les usagers de nos territoires ?

Les maires de l’USAPR travaillent en toute transparence.

Aujourd’hui ils en appellent à la raison :

Le plan loup 2018-2023 doit, en grande urgence, comprendre, et prendre conscience des conséquences du désespoir.

Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, comme chaque Français, vous pouvez, dans nos questions, trouver leurs réponses.

Nous vous en remercions.

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