Non, le loup n’est pas une espèce rare et menacée

La planète Terre compterait 350 000 loups en progression dans tous les continents. Les plus gros réservoirs de loup sont le Canada, la Russie, la Mongolie, l’Asie Centrale et l’Union européenne. Avec plus de 15 000 loups, l’Union Européenne a déjà une population plus importante que les Etats-Unis, Alaska compris !

Le Loup est une espèce à la dynamique extrêmement vigoureuse, remarquablement adaptée à tous les environnements : toundra, foret, steppe, désert, grandes plaines céréalières, montagnes, abords des grandes villes.

En France, c’est une population de 250 à 300 loups avec une croissance de 20% par an qui, après les Alpes colonise la Franche-Comté, la Lorraine, la Champagne, le sud du Massif central et l’est des Pyrénées.
Faut-il mettre en péril l’élevage des moutons, les paysages qu’ils entretiennent et le patrimoine culturel immémorial transmis par les bergers pour rajouter encore quelques centaines de loup sur nos territoires ?

carte-loup

Sources : UICN – Kacsensky P., Chapron G., von Arx M., Huber D., Andrén H., Linell J., 2013 in Landry J.M., 2006, Le loup, Ed. Delachaux et Niestlé, 240p.

En 2014, le loup c’est :

8226
animaux tués
2172
attaques
25
departements touchés

Oui les dégâts des loups sur l’élevage sont très importants

En France en 2013, 6213 brebis et agneaux, chèvres, veaux, chevaux et chien ont été reconnus comme victimes des loups et indemnisés. Les pertes ont doublé en 4 ans. Au 31 octobre 2014, le bilan provisoire atteint déjà le chiffre de 6722 animaux d’élevages !

Ce sont les Alpes du Sud qui paient le plus lourd tribut : dans les Alpes-Maritimes et le Var, les pertes annuelles atteignent plus de 3% des ovins présents en zone à loups ; et nombreux sont les éleveurs qui subissent des attaques répétées chaque année. Les attaques sont nombreuses également en Rhône-Alpes et touchent de plus en plus le Languedoc-Roussillon, la Franche-Comté, la Lorraine et la Champagne.

Encore faut-il préciser que toutes les victimes du loup ne sont pas retrouvées ou reconnues : au total, sur trois brebis tuées par le loup, seules deux sont retrouvées, attribuées au loup, et indemnisées par l’Etat. De plus, ces pertes ne prennent pas en compte les brebis stressées qui font moins d’agneaux, les agneaux élevés en plein air qui perdent du poids (au lieu de s’alourdir).

Ces chiffres ne témoignent pas non plus du stress et de l’angoisse permanente que subissent les familles d’éleveurs qui sont à bout sous la pression constante des meutes sur leur troupeau.

Oui, ce sont les loups qui tuent les moutons, pas les « chiens errants »

Certains défenseurs du loup affirment depuis des années que ce n’est pas le loup, mais le chien errant qui attaque les brebis et les agneaux. Des chiffres extravagants circulent selon lesquels des milliers d’ovins seraient tués chaque année par des chiens. Mais ces affirmations ne reposent sur aucune étude scientifique.

En réalité, rares sont les chiens livrés à eux-mêmes dans la nature en France, et leur durée de vie est très brève. Il peut se produire des attaques de chiens échappant au contrôle de leur maitre, mais une publication récente montre qu’elles sont rares (en moyenne une tous les cinq ans sur un troupeau donné) et que les pertes sont minimes : en moyenne, moins d’un mouton sur 400 est tué, blessé ou porté disparu suite à une attaque de chien chaque année. Et surtout, ces chiens divagants ne sont pas discrets, ils aboient, ils sont vus à l’attaque et rapidement mis hors d’état de nuire. Rien à voir avec l’incomparable furtivité du prédateur sauvage.

Dès que les loups arrivent, les attaques se multiplient et le nombre de bêtes perdues augmente en flèche : oui ce sont bien les loups qui tuent les moutons !

Oui, les éleveurs protègent leurs troupeaux mais le loup s’adapte !

Dans les Alpes, 90% des troupeaux de moutons étaient gardés par des bergers avant l’arrivée du loup. Les autres faisaient l’objet de visites quotidiennes ou bien pâturaient dans des parcs clôturés. Mais cette forte présence humaine s’est révélée très insuffisante avec la menace nouvelle des loups.

En 2013, 1434 « contrats de protection » et 1610 en 2014 ont été engagés par des éleveurs avec financement partiel de l’Etat et de l’Europe pour protéger leur troupeau : chiens de protection, regroupement nocturne des troupeaux, parcs sécurisés, gardiennage renforcé. Les éleveurs doivent assumer au moins 20% des coûts engagés pour protéger leur troupeau, en plus des contraintes et du stress qu’ils subissent.

Mais au fil du temps, les loups non menacés apprennent que l’approche du troupeau ne comporte aucun risque pour eux. Ils insistent, ils reviennent, ils épuisent les bergers et les chiens, enfin ils attaquent en leur présence !

La surprotection des loups est une grave erreur, seul le maintien de la peur de l’homme aurait été susceptible d’écarter les loups des troupeaux protégés.

Oui, les chiens de protection deviennent un vrai problème !

Les chiens de protection sont indispensables face aux loups. Même si leur efficacité est très partielle, ils n’en restent pas moins le premier moyen de protection des troupeaux. Les éleveurs sont contraints de multiplier ces patous imposant. On en compte près de 2000 dans les Alpes.

Ces molosses s’interposent, avertissent et repoussent tout intrus au troupeau. Cela se passe généralement bien avec des visiteurs. Mais la liberté des randonneurs est entravée, des incidents se produisent, la pression monte envers les bergers et les éleveurs dans les alpages comme dans les villages aux abords des pâturages.

Certains maires en arrivent à interdire l’accès des pâturages aux troupeaux accompagnés des chiens de protection. Et lorsqu’une morsure se produit, cela peut finir au tribunal où l’éleveur se retrouve terriblement seul, aussi seul que face au loup.

Non, cela ne se passe pas bien avec les loups dans les autres pays européens !

Partout où le loup recolonise de nouveaux territoires, il déstabilise l’élevage des moutons et se heurte à l’opposition des éleveurs, en Suisse comme dans le Piémont italien, en Scandinavie comme dans les montagnes cantabriques espagnoles où il s’en prend aussi aux chevaux. Partout ou presque, des mesures énergiques de chasse aux loups ont été mises en œuvre pour protéger les troupeaux : ainsi chaque année, 200 loups sont légalement tués en Espagne, 150 à 200 en Serbie, 150 en Slovaquie, plusieurs centaines aux Etats-Unis. En Suisse comme en Norvège, en Finlande ou encore en Suède, dès l’arrivée du prédateur, les autorités ont décidé très vite l’abattage de nombreux loups. Pourquoi la France, seule avec l’Italie, s’enferre-t-elle dans le pari impossible d’un loup gentil qui comprendrait tout seul qu’il ne doit pas tuer les agneaux ?

Oui, l’élevage de montagne résiste bien si on ne lui impose pas le loup !

Il est vrai que la filière ovine a connu des difficultés depuis 30 ans en raison de la pression de la mondialisation. Mais en montagne comme dans de nombreuses zones défavorisées, l’élevage est bien souvent la seule activité agricole possible, et une des dernières activités économiques praticables. Les éleveurs très attachés à leurs terroirs sur lesquels ils produisent des agneaux et des fromages de qualité, ont donc résisté malgré les difficultés et les effectifs de brebis se sont maintenus dans ces zones.

Aujourd’hui, la situation évolue favorablement et les éleveurs peuvent redresser la tête. En effet le marché mondial est mieux orienté avec une baisse de production chez nos concurents (Nouvelle-Zelande, Royaume-Uni) et une consommation mondiale de viande ovine qui s’accroît. Les débouchés s’améliorent pour les agneaux français et le prix payés aux éleveurs s’améliore depuis 3 ans. Même si le revenu ovin reste modeste, la profession travaille à la mise en place d’un programme de « Reconquête Ovine » pour redynamiser la production et installer des nouveaux éleveurs.

 

Oui, l’élevage de plein air est nécessaire pour les paysages et la biodiversité

Depuis des millénaires, l’élevage est une activité paysanne fortement ancrée dans les terroirs, qui façonne les paysages ruraux français et européens. Malheureusement, l’élevage, avec les paysages qu’il entretient, sont aujourd’hui menacés par la prédation du loup. La fauche et le pâturage entretiennent des paysages remarquables dont certains sont reconnus par l’UNESCO au Patrimoine mondial de l’Humanité, comme dans les Causses et les Cévennes. Les écosystèmes entretenus par les troupeaux, ovins, bovins, caprins, constituent la majeure partie des espaces protégés du territoire français : parcs nationaux, parcs naturels régionaux, habitats prioritaires de Natura. La biodiversité des prairies, des parcours et des alpages ne peut être préservée que par le maintien de l’élevage de plein air.

C’est parce que les mouton vont chercher leur nourriture au pâturage tout au long de l’année qu’ils sont terriblement exposés à la voracité des loups !

Oui, le loup coûte cher…au détriment des priorités de la biodiversité !

En 2014, le coût du loup s’élevait à près de 15 millions d’euros, comprenant l’indemnisation des pertes, la mise en place des moyens de protection des troupeaux et cela sans compter le salaire de nombreux agents de l’Etat affectés au dossier. Les éleveurs supportent également une partie du coût.

Pour une population de 250 à 300 adultes recensé dans notre pays, chaque loup coute coûte ainsi entre 50 000 et 60 000 € par an. Si l’espèce devait coloniser pleinement le Massif central, l’Est de la France et les Pyrénées, où les premiers individus ont été repérés, ce montant annuel devrait être multiplié par dix ou vingt. Alors même que ces sommes ne parviennent plus à contenir les attaques de loups, c’est autant d’argent qui n’est pas affecté à la préservation des espèces de faune et de flore menacées !

Coût d’un loup par an :

50

Oui, le loup pourrait s’en prendre à l’homme !

Autrefois, les loups tuaient des êtres humains. Ces cas peu fréquents semblent avoir été dus à des individus au comportement « déviants » mais ils pouvaient aussi localement dégénérer en crises graves. Les derniers cas connu en Europe concernent des enfants en Espagne dans les années 1960 et 1970. Aux Etats-Unis, des attaques de loups sur des êtres humains, parfois mortelles, sont observées depuis quelques années. Pour les scientifiques américains, ces épisodes, impensables jusque-là, sont dus à une protection excessive des loups qui perdent leur crainte de l’homme. Verra-t-on à nouveau des cas d’attaques de loups sur l’homme en Europe ? Certes, les conditions sont très différentes de celles des époques historiques, très différentes aussi de celles des grandes étendues sauvages d’Amérique du Nord.

Mais une protection excessive d’un loup idéalisé peut conduire à des accidents imprévus…

Source : Histoire du méchant loup, J.M . Moriceau

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