L’élevage ovin, un pilier de l’économie régionale

En Occitanie, la quasi-totalité des productions agricoles françaises est représentée. L’élevage ovin y occupe une place de choix. Avec ses 2,25 millions de brebis, soit le tiers du cheptel national, et ses 11 000 éleveurs dont 8 800 allaitants et 2 200 laitiers, l’Occitanie est la première région ovine de France. Plus de 70 % des élevages sont situés en zone de montagne. L’activité ovine permet de valoriser les territoires variés de cette grande région. Les éleveurs ont su tirer profit de la diversité des territoires pour façonner des systèmes adaptés à leur environnement : pastoraux dans les causses du Lot ou de Lozère, transhumants dans les Pyrénées ou les Cévennes, intensifs dans les ségalas du Tarn et de l’Aveyron…

Une filière lait forte

L’Aveyron est le premier département ovin de France avec plus 531 000 brebis laitières et 100 000 brebis allaitantes. Le bassin de Roquefort réunit la majorité des éleveurs laitiers de la région. D’autres petites laiteries se sont développées en marge de la zone de Roquefort, en plus d’une montée en puissance du bio. Le reste de la production est valorisé en transformation fermière, notamment dans les Pyrénées Orientales.

Des agneaux valorisés

Le cheptel allaitant est concentré principalement sur les quatre départements du nord de la région : Lot, Aveyron, Tarn, Lozère. Il est également présent en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées. Le Lot possède à lui seul le quart des effectifs régionaux. Les systèmes de production sont d’une très grande diversité. La moitié des fermes y sont spécialisées avec un cheptel ovins viande moyen de 230 brebis. Plus de 2 fermes sur 5 ont des systèmes mixtes (bovin viande, bovin lait ou cultures de vente) avec un cheptel moins important.

La filière régionale est bien structurée. Elle se caractérise par la place importante accordée aux signes officiels de qualité. Un grand nombre de labels a en effet été mis en place : Label Rouge avec l’Agneau fermier des pays d’Oc, l’Agneau Lou Pailhol, l’Agneau fermier « Sélection des bergers », l’Agneau laiton, « El Xaï » l’Agneau fermier du Quercy, l’Agneau de l’Aveyron, AOC avec le Mouton Barèges-Gavarnie, et enfin, IGP avec l’agneau de Lozère Elovel.

Fortement impactée par les attaques de loup

Avec une augmentation des attaques en augmentation constante (+73% entre 2018 et 2016), la présence du loup a aggravé la diminution de la production ovine dans cette région. Outre le traumatisme quotidien qu’il constitue pour les troupeaux (brebis qui avortent notamment) et pour les éleveurs condamnés à achever eux-mêmes leurs bêtes, il constitue une perte économique réelle avec de graves conséquences. Privés de revenu, les éleveurs disparaissent de notre paysage, s’ensauvageant peu à peu au détriment du tourisme, de l’économie locale, des productions de qualité et du reste de la population.

Le loup s’en prend à l’activité agropastorale, qui a permis de classer le Parc des Cévennes au patrimoine mondial de l’Unesco. Les productions locales, issues d’élevage extensif portant des IGP et AOC, sont directement impactées et clairement menacées d’extinction face à un loup dont la population croît d’année en année.

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