Un pilier économique et social

La filière montagne de l’élevage ovin en Languedoc-Roussillon est le premier secteur agricole en terme d’occupation du territoire. Elle valorise 562 000 ha soit près de 56% de Surface Agricole Utile régionale, au travers de 4 000 exploitations (23% des exploitations professionnelles de la région) et 5 500 actifs. Sa production représente 270 millions d’euros : 12% de la production agricole régionale (réalisée par 23% des exploitations agricoles). L’élevage est la filière qui installe proportionnellement le plus en Languedoc-Roussillon.

Sa première spécificité tient à son caractère méditerranéen. Diversifiée et saisonnée, la filière montagne élevage entretient et valorise le paysage. Sa seconde spécificité est due au fait que le Languedoc-Roussillon est une région traditionnellement productrice de viande ovine. Bien que concentrés sur les zones de piémont, de montagne et dans le périmètre de Roquefort, les ovins se répartissent sur l’ensemble du territoire régional.

Malgré la baisse structurelle de la consommation sur cette viande, la consommation moyenne du Sud-Est (LR & PACA) reste supérieure de 62% à la moyenne nationale (5.8kgec/hab./an contre 3.6 au niveau national). Le bassin de consommation régionale offre donc de réelles opportunités de débouché.

Cette consommation a des spécificités marquées, notamment en terme de saisonnalité (consommations festives de Pâques, de l’Aïd-el-Kébir, touristiques…) et de diversité des produits recherchés (agneaux légers, courants, démarqués, bios, hallal…).

Une filière lait forte

L’AOP Roquefort réunit 90% des éleveurs ovins lait de la Région, avec 250 producteurs. D’autres circuits existent en parallèle, avec des petites laiteries développées en marge du « rayon »: SICOLAIT (37 producteurs, 2 800 000 litres, transformation en fromages : bleu, tomme…);  FEDOU (11 producteurs, 636 000 litres), en plus d’une montée en puissance du bio. Le reste de la production est valorisé en transformation fermière (notamment dans les PO).

Des agneaux valorisés

Le troupeau laitier, et notamment la filière Roquefort, génère un nombre significatif d’agneaux chaque année (800 000 à 850 000 agneaux /an sur l’ensemble du rayon Roquefort). Ces agneaux de race Lacaune, polyvalente, sont engraissés pour être vendus à l’export (1/4) et sur le marché local et national (3/4), notamment en GMS où ils sont appréciés pour leur qualité régulière.
Ils sont promus sous la marque «l’agneau du patrimoine», valorisant les agneaux du bassin Roquefort.

Une production encore trop faible par rapport à la demande régionale…

La production régionale ne suffit pas à satisfaire la demande locale, comblée par les produits d’autres Régions ou pays. Le taux de couverture de la consommation totale des ménages du LR est inférieur à 30% lorsqu’on le compare à la production totale de viande ovine de la Région (4.409 tec pour une demande de 15.068 tec).

…impactée par une baisse structurelle et par les attaques de loup.

On constate depuis plus de dix ans (1997-2007) une diminution de productivité, du nombre de brebis et du nombre d’éleveurs. Elle s’explique par des facteurs tels que la sécheresse (impossibilité de produire du fourrage), la FCO, mais elle est liée aussi à un certain repli technique des éleveurs qui, face à l’augmentation des coûts de production et aux difficultés économiques, sacrifient certains postes de dépense (engrais, concentrés…).

Dans un contexte de reconquête ovine, la présence du loup constitue un facteur extrêmement aggravant pour cette tendance, avec une augmentation des attaques de 276% (de 86 attaques constatées en 2013 à 238 en 2014, soit 152 attaques de plus). Outre le traumatisme quotidien qu’il constitue pour les troupeaux (brebis qui avortent notamment) et pour les éleveurs condamnés à achever eux-mêmes leurs bêtes, il constitue une perte économique réelle avec de graves conséquences. Privés de revenu, les éleveurs disparaissent de notre paysage, s’ensauvageant peu à peu au détriment du tourisme, de l’économie locale, des productions de qualité et du reste de la population.

Le loup s’en prend à l’activité agropastorale, qui a permis de classer le Parc des Cévennes au patrimoine mondial de l’Unesco. Les productions locales, issues d’élevage extensif portant des IGP et AOC, sont directement impactées et clairement menacées d’extinction face à un loup dont la population croît de 20% chaque année (50 à 60 louveteaux par an, pour un population de plus de 300 loups en France en 2013).

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