Quand le berger n’est pas là, les brebis mangent !

Quand le berger n’est pas là, les brebis trinquent !

Voilà le titre de la saga qu’est en train de monter l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages). En Drôme, tout a commencé le 13 novembre, l’ASPAS a publié une vidéo sur Internet dont l’objectif était de discréditer le travail des éleveurs du Diois. Des militants de l’association se sont introduits dans le parc où étaient gardées les brebis de Margot et Christophe à Glandage. Ils voulaient montrer que les éleveurs laissent leurs brebis sans surveillance et qu’elles sont soi-disant à la merci du loup. Depuis, d’autres films du même type tournés dans les Alpes, le Var,… ont été diffusés. Vive réaction de la part des éleveurs drômois qui ont vu un acte lâche, irrespectueux et dénué de sens, mais aussi une violation de propriété privée ». Il s’agit de diffamation pure et simple.

Les éleveurs du Diois réagissent aux attaques des pro-loups

Dans le Haut-Diois, de nombreux éleveurs ont tenu à réagir à ces attaques. À l’image de Christophe Morantin et Margot Jobbé Duval, qui exploitent une ferme de montagne en polyculture-élevage à Glandage, là même où le préfet a autorisé les tirs de prélèvement d’un loup. « Cette provocation, comme l’ensemble de la communication de l’Aspas, repose sur une approche simpliste et puérile de la question sans jamais apporter d’éléments de fond. Ce que montre cette vidéo, et c’est regrettable, c’est avant tout à quel point ses auteurs ignorent tout de nos pratiques, accusent les éleveurs. Si l’on suit le raisonnement de l’Aspas, le seul moyen de continuer à faire de l’élevage en présence du loup consisterait à enfermer les bêtes, c’est-à-dire à faire du hors-sol et de l’élevage industriel. » Et d’ajouter : « Visiblement, pour l’Aspas, rendre quelques espèces animales emblématiques intouchables et sanctuariser des poches de biodiversité constituerait une réponse pertinente aux problèmes environnementaux. »

Pour Fanny Christophe, éleveuse à Menglon, « Non, l’État ne fait pas la chasse au loup. L’État essaie de préserver la biodiversité et l’économie rurale, au milieu de toutes les pressions de lobbies. Et je pense que ce même État a bien d’autres problèmes à gérer. »

« La nature n’est pas votre propriété »

Au-delà de la consternation, c’est même un sentiment de révolte qui anime Véronique Cheva, éleveuse à Glandage. « Nous n’acceptons pas d’être salis et d’être désignés comme des incapables et des bons à rien ! Mais qui êtes-vous pour vous permettre de nous juger ? », interpelle l’éleveuse. « La nature n’est pas votre propriété, et malgré et contre toutes vos actions, nous serons toujours là, pour défendre l’élevage et le pastoralisme, » préviennent les éleveurs du Haut-Diois.

Article paru dans le Dauphiné Libéré le 27 Novembre 2015

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